L’été 2026 restera comme le pire de l’histoire récente pour les feux de forêt : des dizaines de milliers d’hectares partis en fumée, des centaines de maisons détruites, des centaines de milliers de personnes évacuées. Face à cette crise, les assureurs ont pris des mesures exceptionnelles. Si vous êtes touché ou inquiet pour votre logement, voici ce que couvre votre assurance et la marche à suivre.
Les dégâts d'un feu de forêt sur votre logement sont couverts par la garantie incendie, incluse dans le socle de tout contrat habitation, sans arrêté catastrophe naturelle. Face aux incendies de l'été 2026, les assureurs ont prolongé le délai de déclaration jusqu'au 31 août 2026 et prévu le remboursement du relogement des personnes évacuées (3 semaines maximum). Vacanciers : c'est la garantie villégiature qui joue. Chaque acteur (locataire, bailleur, occupant) est indemnisé pour sa part.
L’incendie, une garantie toujours incluse
Bonne nouvelle dans le malheur : contrairement à d’autres risques, l’incendie n’a pas besoin d’être ajouté à votre contrat. Il fait partie du socle de base de toute multirisque habitation (MRH).
Concrètement, si votre logement brûle, même à cause d’un feu de forêt, c’est la garantie incendie de votre contrat qui indemnise :
- les dommages au bâtiment (structure, toiture, murs) ;
- les biens mobiliers détruits ou endommagés ;
- souvent les frais annexes (déblais, mesures de sauvetage).
Autre point important : contrairement à la sécheresse ou aux inondations, l’incendie ne relève pas du régime des catastrophes naturelles. Vous n’avez donc pas besoin d’attendre un arrêté : la garantie joue directement.
Les mesures exceptionnelles de l’été 2026
Face à l’ampleur des incendies, les assureurs ont annoncé des mesures dérogatoires pour les sinistrés des zones touchées.
Un délai de déclaration prolongé
En temps normal, vous disposez de 5 jours ouvrés pour déclarer un sinistre. Pour les incendies de l’été 2026, ce délai a été prolongé jusqu’au 31 août 2026. C’est une mesure de bon sens : beaucoup de sinistrés, évacués, ne peuvent constater les dégâts qu’une fois l’accès à leur logement rétabli.
Le remboursement du relogement
Les personnes contraintes de quitter leur résidence principale sur demande des autorités bénéficient d’un remboursement de leurs frais de relogement, sur présentation de justificatifs, dans les conditions et limites de leur contrat. Cette prise en charge :
- couvre une période de 3 semaines maximum ;
- ne peut dépasser la durée d’interdiction d’accès au logement.
Que faire si vous êtes touché
Si votre logement a été endommagé par un feu de forêt :
- Sécurisez ce qui peut l’être et ne prenez aucun risque : la sécurité prime.
- Photographiez l’ensemble des dégâts, sous plusieurs angles.
- Rassemblez les justificatifs (factures des biens, frais de relogement, attestation d’évacuation).
- Déclarez le sinistre à votre assureur (délai prolongé au 31 août 2026 pour les zones touchées).
- Conservez les justificatifs de vos frais de relogement pour en obtenir le remboursement.
Si vous êtes évacué d'un logement de vacances, ce n'est pas l'assurance du propriétaire des lieux qui vous reloge, mais votre propre assurance : la garantie villégiature ou l'assistance déplacement de votre contrat habitation, si elle prévoit une prise en charge hors résidence principale. Cette garantie n'est pas systématique : vérifiez-la avant de partir en vacances dans une zone à risque, sous peine de devoir assumer seul votre relogement.
Qui paie quoi : locataire, propriétaire, bailleur
Un même sinistre met souvent en jeu plusieurs contrats, chacun pour son périmètre :
- le locataire est indemnisé pour ses biens et sa responsabilité par son assurance habitation ;
- le propriétaire bailleur est couvert pour le bâtiment par son assurance (PNO ou assurance de l’immeuble) ;
- le propriétaire occupant est indemnisé par sa MRH pour le bâtiment et ses biens.
Cette répartition confirme une règle simple : chacun doit être bien assuré pour sa part. Un maillon non assuré, et c’est une partie du sinistre qui reste sans prise en charge.
Deux réflexes valent de l'or après un incendie : tout documenter (photos, factures, attestation d'évacuation, frais de relogement) et ne pas se précipiter pour accepter une première estimation. En cas d'indemnisation jugée insuffisante, la contre-expertise et le médiateur sont vos recours. Et à froid, vérifiez que votre contrat inclut bien une garantie villégiature et une assistance relogement à la hauteur : ce sont elles qui font la différence en cas d'évacuation.
En résumé
Face aux feux de forêt, votre assurance habitation vous protège :
- l’incendie est dans le socle de la MRH, sans arrêté cat-nat nécessaire ;
- mesures 2026 : déclaration prolongée au 31 août et relogement des évacués (3 semaines) ;
- vacanciers : c’est la garantie villégiature qui joue, à vérifier avant de partir ;
- locataire, bailleur, occupant : chacun indemnisé pour sa part ;
- documentez tout et déclarez dans les délais.
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