Par Walid Fattoum, courtier indépendant ORIAS 24 006 887·Mis à jour le 1 mai 2026Police de chantier (TRC) : protéger la construction pendant les travaux
La Police de chantier, plus couramment désignée sous l'acronyme TRC (Tous Risques Chantier), est un contrat d'assurance qui protège un ouvrage en cours de construction contre les dommages matériels susceptibles de survenir entre l'ouverture du chantier et la réception des travaux. Sans elle, un sinistre intervenant pendant le chantier (incendie, vol massif de matériaux, effondrement après tempête) peut faire dérailler l'opération et engendrer des pertes financières considérables.
Elle se distingue clairement de deux autres assurances construction qu'il ne faut pas confondre. La RC Décennale est souscrite par chaque entreprise du bâtiment et couvre les désordres post-réception relevant de la garantie décennale. La Dommages-Ouvrage (DO) est souscrite par le maître d'ouvrage et préfinance ces mêmes désordres après réception. La TRC, elle, intervient pendant la phase de construction. Les trois sont complémentaires et souvent souscrites ensemble sur un même projet.
À qui s'adresse la Police de chantier ?
La TRC est principalement souscrite par le maître d'ouvrage, c'est-à-dire la personne (physique ou morale) pour le compte de qui les travaux sont réalisés. Profils typiques : promoteurs immobiliers et marchands de biens sur leurs programmes neufs, SCI patrimoniales qui construisent ou rénovent lourdement, entreprises générales du bâtiment en maîtrise d'ouvrage déléguée, collectivités territoriales et OPH sur leurs marchés publics, syndics de copropriété en cas de gros travaux, particuliers faisant construire en CCMI ou en contrat de travaux. Le contrat est dimensionné selon le coût total du chantier, sa durée et la nature de l'ouvrage.
Garanties typiques d'une TRC
Le contrat type couvre l'ensemble des dommages matériels au chantier : incendie, foudre, explosion ; vol et tentative de vol de matériaux, équipements et outillages stockés sur site ; vandalisme et actes de malveillance ; dégâts des eaux (rupture de canalisation, infiltration) ; effondrement de l'ouvrage en cours de construction ; tempête, grêle, neige, gel ; catastrophes naturelles (inondation, mouvement de terrain, sécheresse). Sont également couverts les installations temporaires (échafaudage, baraque de chantier, palissade, grue, monte-charge), les matériaux livrés sur chantier et les frais de déblaiement consécutifs à un sinistre.
Extensions essentielles à connaître
Plusieurs extensions méritent d'être étudiées au cas par cas. La RC Maître d'ouvrage couvre les dommages causés à des tiers du fait du chantier : chute d'objet sur la voie publique, fissures sur l'immeuble voisin liées aux fondations ou aux vibrations, dégâts à un mur mitoyen, projections. C'est une extension fortement recommandée en milieu urbain dense ou en mitoyenneté. L'extension dommages aux existants est indispensable pour toute opération d'extension, surélévation ou rénovation lourde : elle protège la partie déjà construite si un sinistre survenu pendant le chantier l'endommage. Les pertes pécuniaires couvrent les conséquences financières d'un retard consécutif à un sinistre garanti (perte de loyer, perte de marge, frais de relogement).
Distinction TRC, décennale et Dommages-Ouvrage
L'articulation des trois contrats est souvent source de confusion. La TRC couvre la phase chantier, jusqu'à la réception : c'est une assurance de dommages souscrite généralement par le maître d'ouvrage. La RC Décennale est une assurance de responsabilité obligatoire pour chaque entreprise du bâtiment : elle joue post-réception sur 10 ans pour les désordres relevant de la garantie décennale. La Dommages-Ouvrage est une assurance de préfinancement souscrite par le maître d'ouvrage : elle indemnise rapidement les sinistres décennaux post-réception, sans attendre l'identification du responsable. Sur une opération neuve, les trois sont en pratique nécessaires : TRC pendant le chantier, DO et RCD après réception.
Pour les promoteurs et les programmes immobiliers
Sur un programme immobilier neuf (lotissement, immeuble collectif, maisons groupées), la TRC est dimensionnée selon le coût total des travaux et la durée prévisionnelle du chantier. Le contrat couvre l'ensemble des lots du programme, les voiries et réseaux divers (VRD), les espaces communs. La cotisation est généralement payée à la souscription, en une fois, et calculée en pourcentage du coût des travaux. Le promoteur a tout intérêt à souscrire la TRC en parallèle de la DO et à exiger les RC Décennale à jour de chaque entreprise intervenante.
Pour les SCI et les particuliers
Une SCI familiale qui investit dans le neuf a tout intérêt à souscrire la TRC en complément de la DO obligatoire : la banque qui finance l'opération l'exige souvent et la couverture protège l'investissement pendant toute la durée du chantier. Pour le particulier qui fait construire en CCMI (Contrat de Construction de Maison Individuelle) ou en contrat de travaux, la TRC est moins systématique mais reste recommandée, notamment pour le vol des matériaux livrés sur chantier (souvent oubliés des CCMI standards) et la couverture des installations temporaires.
Cas particulier : la rénovation lourde
Une rénovation lourde, une extension ou une surélévation ajoute une difficulté : la coexistence d'une partie existante et d'une partie en travaux. L'extension dommages aux existants est indispensable : elle couvre l'ouvrage existant en cas de sinistre survenu pendant le chantier (incendie qui se propage, effondrement partiel, dégâts d'eau touchant les zones non rénovées). Le périmètre couvert est défini contractuellement, généralement comme un pourcentage du coût des travaux neufs. Sans cette extension, la partie existante n'est pas couverte par la TRC standard.
Combien coûte une Police de chantier ?
La cotisation est calculée en pourcentage du coût total du chantier, modulé selon plusieurs facteurs : la nature de l'ouvrage (gros œuvre plus élevé que second œuvre), la durée prévisionnelle du chantier, la présence d'intervenants techniques (architecte, bureau de contrôle, BET structure), la localisation (zone à risques naturels, mitoyenneté, ERP), les antécédents du maître d'ouvrage et la solidité des entreprises retenues. La présence d'un bureau de contrôle Apave, Bureau Veritas ou Socotec fait généralement baisser la cotisation. Cotisation payée à la souscription, ajustement éventuel en fin de chantier selon le coût final.
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