Le bonus-malus est l’un des mécanismes les plus mal compris de l’assurance auto, alors qu’il pèse directement sur votre cotisation chaque année. Un bon coefficient peut diviser votre prime par deux, un mauvais peut la tripler. Bonne nouvelle : les règles sont identiques chez tous les assureurs (elles sont fixées par la loi) et il est tout à fait possible de redresser un malus. Voici comment ça marche concrètement en 2026, avec les calculs et les leviers de récupération.
Le bonus-malus (officiellement coefficient de réduction-majoration, CRM) part de 1,00. Chaque année sans accident responsable, il est multiplié par 0,95 (-5 %), jusqu'à un minimum de 0,50 atteint après 13 ans. Chaque accident responsable le multiplie par 1,25 (+25 %), jusqu'à un maximum de 3,50. Le coefficient suit le conducteur, pas la voiture. Et grâce à la descente rapide, 2 ans sans sinistre ramènent un malus à 1,00.
Qu’est-ce que le bonus-malus ?
Le bonus-malus est un coefficient multiplicateur appliqué à votre cotisation de référence. Son vrai nom est le coefficient de réduction-majoration (CRM). Il récompense les conducteurs prudents (bonus) et pénalise ceux qui causent des accidents (malus).
Le principe est simple : votre prime de base est multipliée par votre coefficient.
- Coefficient 0,50 : vous payez 50 % du tarif de référence (bonus maximum)
- Coefficient 1,00 : vous payez 100 % (point de départ d’un nouveau conducteur)
- Coefficient 1,25 : vous payez 125 % (après un accident responsable)
Ce système est encadré par le Code des assurances : les règles de calcul sont les mêmes chez tous les assureurs. Ce qui change d’une compagnie à l’autre, c’est uniquement le tarif de base sur lequel s’applique le coefficient.
Comment se calcule le bonus
Tout conducteur démarre à 1,00. Pour chaque année d’assurance sans accident responsable, le coefficient est multiplié par 0,95, soit une réduction de 5 %.
| Années sans sinistre | Coefficient | Réduction |
|---|---|---|
| Départ | 1,00 | 0 % |
| 1 an | 0,95 | -5 % |
| 2 ans | 0,90 | -10 % |
| 3 ans | 0,85 | -15 % |
| 5 ans | 0,76 | -24 % |
| 8 ans | 0,66 | -34 % |
| 13 ans | 0,50 | -50 % (maximum) |
Le bonus maximum est donc de 0,50, atteint après 13 années consécutives sans accident responsable. Impossible de descendre plus bas.
Comment se calcule le malus
À l’inverse, chaque accident responsable multiplie votre coefficient par 1,25 (+25 %). En cas de responsabilité partagée (50/50), la majoration est réduite de moitié : ×1,125 (+12,5 %).
Exemple concret : un conducteur à 0,80 cause un accident responsable.
- 0,80 × 1,25 = 1,00 l’année suivante
Deux accidents responsables la même année :
- 0,80 × 1,25 × 1,25 = 1,25
Le malus maximum est plafonné à 3,50 (soit 350 % du tarif de base).
Avant de déclarer un petit sinistre responsable, faites le calcul. Pour un accrochage à 800 € dont vous êtes responsable, le malus de +25 % appliqué pendant plusieurs années peut vous coûter davantage que le montant du dommage. Dans certains cas, il est plus avantageux de régler soi-même un petit sinistre (votre assureur peut vous y autoriser après déclaration). Faites toujours le calcul sur 2-3 ans.
Le coefficient suit le conducteur, pas la voiture
C’est une règle clé. Votre CRM est rattaché à vous, pas à votre véhicule ni à votre assureur. Quand vous changez de voiture ou de compagnie, votre relevé d’information (document que votre ancien assureur doit vous fournir sous 15 jours) transmet votre coefficient et votre historique de sinistres au nouvel assureur.
Conséquence : inutile d’espérer « repartir à zéro » en changeant d’assureur après un malus. Le relevé d’information vous suit. À l’inverse, un bon bonus est un acquis précieux que vous conservez à vie.
Comment récupérer un bon coefficient après un malus
C’est la question qui compte le plus. Plusieurs leviers existent :
La règle de descente rapide
C’est le mécanisme le plus puissant. Deux années consécutives sans aucun accident responsable ramènent votre coefficient à 1,00, quel que soit le malus accumulé. Un conducteur à 1,56 qui ne déclare aucun sinistre responsable pendant 2 ans repasse donc à 1,00.
Le retour progressif vers le bonus
Une fois revenu à 1,00, vous recommencez à gagner 5 % par an. Il faut alors de nouveau plusieurs années sans sinistre pour redescendre vers le bonus maximum de 0,50.
Le bonus à vie
Si vous conservez le coefficient 0,50 pendant au moins 3 ans sans accident responsable, de nombreux contrats vous accordent le « bonus à vie » : un premier accident responsable ne fait alors pas remonter votre coefficient. Vérifiez la présence de cette clause dans vos conditions.
Comparer pour neutraliser un malus
Même avec un malus, les tarifs de base varient fortement d’un assureur à l’autre. À coefficient égal, l’écart de prime peut dépasser 30 %. C’est souvent la meilleure manière d’amortir un malus en attendant la descente rapide.
Pour estimer précisément votre situation, utilisez notre calculateur de bonus-malus auto.
Ce qui n’affecte pas votre bonus
Bonne nouvelle, certains événements n’impactent pas votre coefficient :
- Un accident où votre responsabilité n’est pas engagée
- Un stationnement avec dommage par un tiers non identifié (selon contrat)
- Un sinistre bris de glace seul
- Un vol ou un incendie du véhicule
- Une catastrophe naturelle
Ces sinistres peuvent en revanche, en cas de répétition, influer sur la décision de l’assureur de renouveler ou non votre contrat.
En résumé
Le bonus-malus est un système juste et prévisible, dont on peut tirer parti quand on le comprend :
- -5 % par an sans sinistre, jusqu’à 0,50 (bonus maximum)
- +25 % par accident responsable, jusqu’à 3,50
- Le coefficient suit le conducteur via le relevé d’information
- La descente rapide ramène tout malus à 1,00 après 2 ans sans sinistre
- À coefficient égal, comparer les tarifs de base reste le meilleur levier d’économie
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