Une nouvelle qui concerne tous les Français : le gouvernement envisage de réduire les remboursements de la Sécurité sociale sur les consultations et certains soins courants. Officiellement, l’objectif est de combler le déficit de la Sécu. En pratique, la facture risque d’être transférée vers les complémentaires santé, et donc vers les assurés, sous la forme d’une nouvelle hausse des cotisations. Voici le mécanisme expliqué simplement, les chiffres connus, et surtout ce que vous pouvez faire dès maintenant.
Le gouvernement étudie une baisse du remboursement des consultations de la Sécurité sociale (de 70 % à 60 % envisagé), pour économiser 1,5 à 2 milliards d'euros face à un déficit attendu de 23,4 milliards en 2026. Cette dépense serait reportée sur les complémentaires santé, qui la répercuteraient sur les cotisations. Après des hausses de 6 % en 2025 et 4,4 à 4,7 % en 2026, une nouvelle augmentation est probable. La mesure n'est pas encore votée. En attendant, comparer et ajuster sa mutuelle reste le meilleur moyen de contenir la facture.
Ce que prévoit le gouvernement
En juin 2026, le gouvernement a informé les fédérations de complémentaires santé de son intention d’augmenter le ticket modérateur sur les actes médicaux. Le scénario le plus évoqué : faire passer le remboursement des consultations de 70 % à 60 % (une variante à 65 % est aussi à l’étude).
D’autres postes pourraient être touchés :
- Les actes médicaux courants
- Les médicaments
- Le transport sanitaire
L’exécutif hésite encore entre une baisse large sur de nombreux actes ou des réductions ciblées sur les soins les plus coûteux. L’enjeu financier : économiser entre 1,5 et 2 milliards d’euros par an pour la Sécurité sociale.
Comprendre le mécanisme : ticket modérateur et complémentaire
Pour saisir l’impact, il faut comprendre comment se partage le coût d’un soin.
Quand vous consultez un médecin, le tarif est remboursé en deux temps :
- La Sécurité sociale rembourse une partie (70 % pour une consultation aujourd’hui)
- Le reste, appelé ticket modérateur (30 %), est généralement pris en charge par votre complémentaire santé
Baisser le remboursement de la Sécu de 70 % à 60 %, c’est donc augmenter le ticket modérateur de 30 % à 40 %. Ce surplus ne disparaît pas : il est transféré à votre mutuelle, qui le financera… grâce à vos cotisations. C’est tout l’enjeu du débat.
Pourquoi : le déficit de la Sécurité sociale
La raison invoquée est budgétaire. Le déficit de la Sécurité sociale est désormais attendu à 23,4 milliards d’euros pour 2026, bien au-delà des 19,4 milliards anticipés lors du vote du budget l’hiver précédent. Le gouvernement cherche des économies rapides, et le transfert d’une partie des remboursements vers les complémentaires en fait partie.
L’impact concret sur votre mutuelle
Si la mesure est adoptée, les complémentaires santé devront absorber jusqu’à 2 milliards d’euros de dépenses supplémentaires. Or, une mutuelle ne crée pas d’argent : elle équilibre ses comptes en ajustant les cotisations.
Le contexte est déjà tendu. Selon les données de la Mutualité Française, les cotisations ont augmenté en moyenne de :
- environ 6 % en 2025
- 4,7 % pour les contrats collectifs et 4,4 % pour les contrats individuels en 2026
Une nouvelle hausse liée au transfert de charge viendrait s’ajouter à cette tendance. Les plus exposés sont les retraités (qui consultent davantage et financent seuls leur mutuelle) et les salariés dont l’employeur répercutera une partie du surcoût sur le contrat collectif.
Les mutuelles dénoncent une mesure qui déplace la dépense sans s'attaquer aux causes structurelles du déficit. Ce qui est « économisé » par la Sécu est en réalité repayé par les assurés via leur cotisation. Le risque de fond : certains ménages, faute de pouvoir suivre, réduisent leur couverture, voire y renoncent, ce qui aggrave les inégalités d'accès aux soins.
Où en est-on ? La mesure n’est pas encore votée
C’est un point important pour ne pas céder à la panique. À ce stade, il s’agit d’une intention du gouvernement, présentée aux fédérations de complémentaires. Pour entrer en vigueur, la mesure devra être débattue et votée dans le cadre du prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Le périmètre exact (quels postes, quels taux) et le calendrier restent à confirmer.
Autrement dit : rien n’est figé, mais la direction est claire, et il est prudent de s’y préparer.
Que pouvez-vous faire dès maintenant
Vous ne contrôlez pas la décision politique, mais vous contrôlez votre contrat. Trois leviers concrets :
1. Comparer à garanties équivalentes
À couverture identique, l’écart de cotisation entre deux mutuelles dépasse souvent 20 %. Si vous n’avez pas comparé depuis 2-3 ans, vous payez probablement trop cher. C’est le levier le plus efficace pour absorber une hausse à venir.
2. Ajuster vos garanties à vos besoins réels
Beaucoup de contrats incluent des garanties surdimensionnées (optique haut de gamme jamais utilisée, postes inutiles). À l’inverse, un poste sur lequel vous dépensez vraiment mérite un meilleur niveau. Recalibrer son contrat, c’est souvent payer moins pour une couverture plus adaptée. Pour les plus de 60 ans, voir notre comparatif mutuelle senior.
3. Profiter de la résiliation infra-annuelle
Depuis la réforme, vous pouvez changer de complémentaire santé à tout moment après un an de contrat, sans frais. C’est un droit qui vous permet de réagir vite si votre cotisation augmente trop. On vous explique tout dans notre article dédié : résilier sa mutuelle à tout moment.
En résumé
- Le gouvernement envisage de baisser les remboursements de la Sécu (consultations de 70 % à 60 %) pour économiser 1,5 à 2 milliards
- Cette dépense serait transférée aux complémentaires santé, donc aux assurés
- Après +6 % en 2025 et +4,4 à 4,7 % en 2026, une nouvelle hausse des mutuelles est probable
- La mesure n’est pas encore votée : elle passera par le PLFSS
- Vos meilleurs leviers : comparer, ajuster vos garanties et utiliser la résiliation infra-annuelle
Face à la hausse des mutuelles, Atmo Assurances compare pour vous les complémentaires santé à garanties équivalentes et recalibre votre contrat selon vos besoins réels, pour payer le juste prix. Particulier, senior ou indépendant : voir notre offre complémentaire santé ou demander un comparatif gratuit.